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Voyage pittoresque autour du monde

par Jules-Sébastien-César Dumont d'Urville

Avril 1989

165 pages

19,6 x 26,2 cm

ISBN 2-904 171 21-X

2100 CFP prix public

24 € frais de port aérien France inclus. Autres pays : voir listes des prix


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Cette édition du Voyage Pittoresque ou Résumé Général des Voyages de Découvertes, publié en 1834 sous la direction de M. Dumont d’Urville, Capitaine de Vaisseau, reproduit en fac-similé l’introduction (pages I à VIII) ainsi que les chapitres LIII à LXI (pp. 476 à 574) du tome premier et le chapitre I (pp. 1-5) du tome second — soit l’intégralité du texte consacré aux îles de la Polynésie française, à l’île de Pâques (Waïhou) et à Pitcairn.

Dumont d’Urville était à l’évidence un bon marin, et des mieux qualifiés autant pour représenter l’autorité nationale loin de la métropole que pour participer à l’effort de découverte. Comme ses collaborateurs (nègres ?), il sait écrire. D’où vient que son livre laisse insatisfait ? Sans doute du fait que le Voyage Pittoresque nous parle plus, avec éloquence, mais contre l’intention affichée, des Français de l’époque que de la Polynésie et des Polynésiens.

L’extrait ci-dessous est, par ses excès, très représentatif de cette dérive dont on retrouve les traces chez Cook autant que chez Bougainville. Immense source de frustration pour les lecteurs d’aujourd’hui. Il y avait beaucoup à voir… mais les découvreurs et leurs préjugés occupent ici le devant de la scène ! (JBO)

EXTRAIT : «Au-delà de Maïtia, l’horizon s’éclaircit devant nous, et alors se révéla presque imperceptible, à la distance de quatre-vingt-dix milles, la cime de Taïti, pointant au-dessus de l’horizon comme un simple petit rocher. Caché par momens, ensuite mieux accusé, ce sommet grandit devant nous jusqu’au coucher du soleil. Toute la nuit, on courut vers la terre, et à l’aube ce fut un admirable spectacle, car nous étions presqu’à ses pieds.

Elle était là devant nous, la délicieuse Taïti, cette reine polynésienne, cette île d’Europe au milieu de l’Océan sauvage ; nous pouvions saisir ses beautés générales, détailler les accidens de son terrain, ses pitons divers et nombreux, ses vallées creuses et solitaires, ses forêts pendantes sur les flancs des mornes ou s’agitant comme une couronne sur leurs crètes fécondes ; nous pouvions l’admirer, cette terre, fille des volcans, avec sa double ceinture, l’une d’argent et d’écume sur des récifs, l’autre de végétation et de verdure sur la grève. Oui, c’était là notre Taïti rêvée, l’île de Wallis, de Bougainville et de Cook, cette hôtellerie toujours ouverte aux navires ; compatissante à leurs fatigues et à leurs dangers, loyale auprès de tant d’archipels perfides, généreuse, dévouée, prompte à recevoir l’empreinte civilisatrice ; c’était Taïti, la perle, le diamant de ce cinquième monde, dont Cook fut le Colomb.»

Chapitre LVIII, p. 528

«… malgré les valeurs et les jugements hâtifs qu’un tel ouvrage ne peut manquer de véhiculer, le Voyage pittoresque autour du monde, paru en 1834, nous semble digne de toute l’attention du lecteur de 1988. Bien souvent pillé… il mérite d’être aujourd’hui tiré du semi-oubli dans lequel il était tombé.»

Pierre-Yves Toullelan.

«En exécutant son dessein Dumont d’Urville produit un livre nouveau dont l’originalité justifie sa réédition …»

Daniel Margueron


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