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Mutismes

E 'ore te vāvā

par Titaua Peu

Avril 2002

150 pages

13,4 x 24,9 cm

ISBN 2 904 171 53-8

Photographie de l'auteur par Tatiana Salmon

1900 CFP prix public

26 € frais de port aérien France inclus. Autres pays : voir listes des prix


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Mutismes n’est pas seulement un ouvrage de littérature tahitienne, il est, par le vécu qu’il rapporte, bourré d’amour inexprimable, profondément tahitien. En ce sens, il inspire le aroha - la compassion, et suscite le ‘oto - le chagrin.

[…] Mutismes est un livre qui fait mal parce que Titaua Peu a su trouver les mots pour dire, ou essayer de dire, tout ce qui nous fait mal, alors même, écrit-elle qu’ «on n’a jamais appris à le dire, surtout lorsque ça touche le cœur, les sentiments…» […] Titaua Peu nous fait entrer dans un autre monde, son et notre monde, comme on entre dans une maison qui devient soudain aussi sacrée qu’un marae. Parce qu’elle est maison de désarroi et d’angoisse. […]

L’auteur nous dévoile non pas ce qu’elle sait mais ce qu’elle a pu exprimer d’un Tahiti que les tenants d’une image idyllique se sont toujours ingéniés à ignorer et que les Tahitiens ont toujours eu la pudeur et la dignité de ne pas révéler… jusqu’à Titaua Peu qui casse le mur du silence pour nous parler de l’incapacité de dire et qui, tout en la disant, finit par nous dire, quand elle le peut, ce qu’elle n’avait pas appris à dire. Alors les non-dits s’exhument, les silences résonnent, la communication est rétablie et la pensée est libérée. Alors le mutisme se fait parole, délie ses mots et nous enseigne à réapprendre à dire la souffrance et la faim.

Pour qui veut connaître, ou tout au moins tenter de comprendre la société tahitienne d’aujourd’hui, Mutismes est, à mon avis, le premier ouvrage à lire.

Un livre que j’ai eu envie de prendre dans mes bras pour le consoler. (Jean-Marc Tera’ituatini Pambrun dans TPM N° 145, mai 2003 ).


EXTRAIT :

Lorsque je suis entrée dans ma chambre, elle est venue m’annoncer que je partais dans quelques heures. Elle m’envoyait dans un pensionnat de bonnes sœurs, à Raiatea. La veille, elle avait contacté mon père, alors que des années de silences ou de dialogues par enfants interposés avaient achevé de les séparer. Ils s’étaient mis d’accord : le week-end et les vacances, je les passerai avec lui, à Tahaa.

Aucune autre punition n’aurait été plus sévère et cruelle. Ce que j’avais ressenti n’était plus seulement de la colère. Ça ressemblait à une très grande détresse. La punition avait laissé la place à l’abandon. Elle déléguait ses pouvoirs à cet homme qui nous avait fait souffrir, à cet homme pour qui j’avais un immense mépris.

L’abandon, la solitude ont un arrière-goût âpre, comme la mort. Me laisser à cet homme témoignait du peu de cas qu’elle faisait de moi. Je comprenais sa colère, je la savais capable des pires crises d’hystérie. Mais jamais, jamais je ne l’avais vue aussi impassible, aussi déterminée. M’aimait-elle si peu ? pp. 68-69


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