oreilly
pères maristes conservent dans leurs archives, mais qu’ils ne communiquent pas, suivant en cela la volonté même du père O’Reilly.

Pour rendre hommage aux qualités d’écrivain que possédait le père O’Reilly, comme le lecteur ne peut manquer de le constater lorsqu’il découvre les biographies écrites par lui, j’ai inventé un dialogue fictif avec cet homme que j’eusse aimé connaître, et, comme il le fait lui-même lorsqu’il ne possède pas l’information complète, j’ai parfois interprété pour essayer de reconstituer une vie, mais surtout une âme qui m’a semblé bien belle.

Et puis, c’était le moins que je puisse faire pour le premier océaniste de France, premier dans le temps - il commence en 1934 - premier par l’excellence de ses travaux, trop souvent décriés par les chercheurs, qui, pourtant, trouvent infailliblement leurs informations dans les publications du père O’Reilly.

À cette trop courte biographie sont joints trois témoignages, celui de Mgr Michel Coppenrath, ami fidèle du père, celui de Philippe Godard, l’un des derniers naturalistes de notre temps, celui du professeur Jean Poirier, l’un des plus fidèles collaborateurs du père, et le travail d’un océaniste ami du père, le professeur Hugh Laracy, de l’université d’Auckland en Nouvelle-Zélande, qui a remis à jour la bibliographie du père Patrick O’Reilly.
Sonia Faessel
Si le père O’Reilly a bénéficié de nombreux hommages et témoignages, de ses amis et collaborateurs de la Société des Océanistes notamment, sa biographie n’avait pas encore été écrite. Le Père vit dans les mémoires de ceux qui sont encore là et l’ont côtoyé ou bien connu et aimé. Il est encore présent, dans ce Pacifique sud qu’il a tant parcouru. J’ai donc interrogé quelques-uns de ces témoins, et tous m’ont bien volontiers parlé du père O’Reilly, qu’on pouvait difficilement oublier dès lors qu’on l’avait rencontré, tant à cause de ses vastes connaissances que de son comportement souvent atypique de la part d’un homme d’Église. A Pape’ete, tous le voient encore coiffé de son chapeau à haubans sillonner les rues avec sa Vespa.

Où trouver l’homme cependant, où chercher le fil conducteur de cette vie peu banale ? Certainement pas dans les écrits du Père, car il ne parle que fort peu de lui. Les hommages et témoignages donnent quant à eux une vue fragmentée, anecdotique, avec toutefois quelques lignes de force chez ceux qui ont collaboré avec le Père pendant plusieurs décennies. Il fallait chercher le document : des lettres, prêtées par la famille, par d’anciens amis ; des extraits de ses cahiers, un carnet de route complet obligeamment donnés par les pères maristes de la rue Jean Ferrandi et de Rome. Tout ceci s’est avéré insuffisant malgré tout, car tout n’est pas accessible : des lettres que la famille ne voulait pas voir utiliser, un journal que le Père a tenu pendant plus de vingt ans à la rue Jean Ferrandi, document énorme de près de vingt cahiers que les
ITINÉRAIRES INSULAIRES, LE PÈRE PATRICK O'REILLY, sm
par Sonia Faessel
2002
180 pages
15 x 21 cm
en diffusion

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