recueil de poèmes (en tahitien avec les traductions en français sur la page en face). Le livre est illustré avec de nombreuses photos de Henri Hiro au sein de sa famille. Cette réédition est aussi un hommage au grand poète tahitien. (TPM n° 166, février 2005).
Ceci est une prière !
Oh, l’amour de mon pays,
dont le flot sans relâche a baigné ma jeunesse
en son âge le plus tendre !
Qu’il oigne encore mon corps tout mortel,
Et vive cet amour !
Vive ! Vive ! Vive encore et toujours !
Qu’il vive et abreuve ma terre natale,
Pour que fleurissent en leur essaim
Les enfants de ce sol,
enfants de mon pays. p. 62
Eiaha na pai !
Te here o to u aia i tavai ia u mai te hii mai i apiti
mai i to u nei tino tahuti.
E, ia vai a, e ia vai a !
E, ia vai a, e ia vai noa atu a !
Ei para haamaitai i to u aia tumu,
ia ruperupe, e ia hotu te huaai,
no to u nei aia.
Renaissance culturelle? Cri de l’âme? Cri de révolte? Déchirure?
Après le mutisme centenaire ou bicentenaire, le Polynésien parle, ou plutôt il écrit pour extirper le trouble enfoui au plus profond de ses entrailles : pour dire à la page blanche ce qu’on ne peut dire même à son meilleur ami, parce que les mots se sont tus.
Mais, ainsi que l’a dit Turo a Raapoto, les racines sont là, reliées au tronc.
Le chemin emprunté par chacun est différent. Les mots sont différents. Mais l’origine est la même : la source maohi ou un amour incommensurable pour notre peuple, notre pays et nos tupuna.
Et sur la page vierge, on extirpe, on exorcise, on rejette, on refuse, on barre et l’on se bat. On dessine des mots nouveaux. Les mots deviennent souffle.
On esquisse, on bâtit, et l’haleine devient espoir. (Michou Chaze)
Henri Hiro […], tant pétri de la tradition polynésienne, dans l’interview qui clôt le recueil intitulé Message Poétique (1990), exhortait les Polynésiens à écrire : Pour assurer la continuité [culturelle], il faut que le Polynésien se mette à écrire… il doit écrire et ainsi s’exprimer, peu importe que ce soit en reo ma’ohi, en français ou en anglais, l’important est qu’il s’exprime.
Il y a là une question fondamentale qui touche à l’identité comme aux formes d’expression de la culture. (Daniel Margueron, Une parole de proximité : regards sur la littérature polynésienne anglophone du Pacifique)
Comme l’édition précédente (1990) était depuis longtemps épuisée, les éditions Haere Po ont réédité le
PEHEPEHE I TAU NUNAA – MESSAGE POÉTIQUE
par Henri Hiro
27 poèmes et textes de Henri Hiro en langue tahitienne, parfois traduits en français.
Septembre 2004
96 pages
20,5 x 20,5 cm